En écoutant notre adjoint à la culture (http://www.maritima.info/tv/programmes/la-revue/7462/la-revue-henri-michel-porte.html), Henri-Michel Porte, je me dis qu'une interview télévisuelle est un exercice difficile et ingrat. Je dois reconnaitre le mérite à notre élu pour d'être prêté à ce jeu compliqué. Mais sur le fond, j'ai un véritable différent sur la culture avec M. Porte. La culture, selon moi, ne doit pas avoir comme objectif principal de "satisfaire le public" en premiere argument, comme l'indique notre adjoint au journaliste (passage 1mn05). La culture doit, en finalité, plaire mais pour cela, il y a beaucoup de pré requis. La culture doit d'abord intéresser. Elle doit de temps en temps, interroger. Puis ensuite, la culture doit parler à chacun sur ce qui le sensibilise: une musique doit communiquer, une pièce de théâtre doit captiver, attraper le spectateur, capter ses sens pour au final lui proposer un voyage d'un moment. Un concert doit, là aussi, donner du plaisir mais pas seulement: il doit parler à chacun, apporter un état d'âme particulier. Le rocker cherchera à vibrer au sens des notes, le classique à s'embarquer sur le thème du compositeur, et le fan d'Axelle Red, cherchera à rentrer dans l'univers de la chanteuse tout en passant un beau moment. L'exposition, art difficile à appréhender et qui, à tort, à une image de réservée aux initiés, va chercher à informer, faire réfléchir, étonner, capter l'attention, plaire pour au final vouloir, au maximum, laisser quelque chose au visiteur. Tous les artistes cherchent à laisser un peu d'eux memes à leurs publics. 

                Et si au bout de tout cela, la culture "satisfait son public", alors ce sera une heureuse conséquence, et appréciable, mais pas seulement. Si pour faire la fête, aller à un concert de Patrick Sébastien peut être appréciable, et j'attend pourquoi pas, que l'on m'y invite (j'avoue honnêtement avoir un peu de mal à aller acheter les places), et si il est probable que je sois favorablement surpris (ça ne peut pas être l'inverse), je ne considère pas cela comme de la culture. Où alors, une forme différente de culture qui souhaite donner le sourire (au combien appréciable) mais pas forcément nourrir le spectateur. Donc, même si ce type de spectacle ne me plait pas beaucoup, il reste à proposer pour ses amateurs. 

                Je pense le "Vitrollais" intelligent. Il n'a donc pas besoin de "fast food culturelle". Au contraire, il a besoin de mets raffinés qui le ravissent et qui lui donne envie de continuer à aller à ce restaurant, ou à découvrir de nouvelles choses. Le concert d'Axell Red en était un, le concert de l'emmdal, de la troupe des enfants amateurs et la prestation du Guid d'Angelin Preljocaj de vendredi, aussi. Là aussi, je ne suis pas d'accord avec Henri-Michel Porte qui indique dans cette interview qu'un objectif est de proposer des projets "qui leur correspondent" (passage 3mn03). Je ne suis pas d'accord. Il faut aux vitrollais des choses qui les enrichissent, qui les intéressent mais pas forcement, ou uniquement, qui leurs correspondent. Si nous aimons la cuisine Française, dirions nous qu'elle nous "correspond" ? Devrait-il y avoir plus de restaurant Français en France que chinois, américain, mexicain ou autres ? Non, je ne pense pas. Pourvu que la nourriture soit bonne, c'est le choix qui prime. Et la qualité. Et seulement après, le public sera satisfait.

                Je rajouterai que, pour moi, un des objectifs prioritaires de la culture est d'intéresser des publics différents à des événements différents. Je ne prendrai qu'un seul exemple. Vous le savez, je travaille pour l'exposition Anne Frank qui aura lieu du 28 janvier au 1er Mars. J'espère, par cette exposition, informer, intéresser, faire réfléchir son public. Cette expo "correspond"-elle aux Vitrollais ? Je ne réfléchis pas comme cela: L'inauguration verra une personnalité historique discuter avec un ancien footballeur responsable d'une association contre le racisme. Si j'ai travaillé à cela, c'est parce que j'étais convaincu que faire écouter un discours d'un témoin de l'histoire à des jeunes venus pour voir leur sportif préféré, était une bonne idée. Et à des "plus expérimentés", venu écouter un grand témoin de l'histoire, faire écouter un ancien footballeur serait aussi une bonne idée. Je pense que la culture doit mélanger les publics pour tisser un lien intergénérationnel fort, ouvrir des discussions le soir à table, intéresser à poursuivre une invitation à un voyage. Qui mieux que la culture peut faire ça ?