J'ai la chance d'avoir actuellement un regain de croissance dans le cadre de mon entreprise. Et donc, un besoin de recrutement. Je travaille donc avec le Pole emploi de Vitrolles pour recruter deux nouvelles personnes. Et, à ce moment là, avec les budgets prévisionnels et un business plan, on évalue le cout du recrutement. Et là, on peut faire plusieurs constatations:

                - Le cout du travail n'est pas le problème numéro 1. Les aides au recrutement, selon les profils peuvent le diminuer sensiblement et ne rentre pas dans les problèmes à gérer. Un contrat en apprentissage, aides déduites, a un cout de revient de 400€/mois pour une production d'environ 55 heures par mois, soit environ 7€20/h. Un contrat aidé CUI est subventionné de 30% à 47%. Le cout chargé en smic est donc de 1007 à 763€ pour une production d'environ 126h/mensuel soit un cout de 6€/h à 8€/h. Cela diminue fortement le cout moyen de production.

                - La prise de risque est réellement sur la capacité à assurer à un employé une charge de travail de 100%. En effet, en ces temps de crise, le vrai risque est d'équiper le personnel des moyens (outils, voitures, etc.) et donc d'investir en couts fixes, pour une production limitée. Mais la mensualisation des heures permets de limiter fortement ce risque. Donc, là encore, il n'y a pas de contre-indication flagrante.

                - Mais ce qui est plus inquiétant, d'un point de vue moral, est le nombre de personnes désirant travailler au smic alors que leur CV est extrêmement riche en expériences. Et je reçois des CV des Bouches du Rhône mais de beaucoup plus loin aussi. Alors que, au départ, ma demande est pour des CDD de 6 mois. Et c'est là que je me dis que beaucoup de personnes en recherche d'emploi sont courageuses.  Dans leur envie de s'investir et de prouver leurs compétences pour évoluer.

                - Par contre, un gros soucis est la frilosité des banques pour accompagner les investissements d'entreprenariat. Par exemple, même si je présente des commandes fermes à ma banque, celle-ci m'a indiqué qu'elle ne pourrait m'accompagner pour financer ni le stock ni le cout des moyens humains. Sauf si mon activité est sous traité à au moins 66%, pour limiter le risque. On voit que le courage n'est pas leur qualité premiere...

    Pour conclure, je répéterai que le cout du travail n'est pas le problème numéro 1 aujourd'hui, du fait de cette palette d'aides pour certains contrats ou le niveau bas du smic. Contrairement à ce que dit le Medef. Le problème est réellement le niveau de l'activité.